Cela fait maintenant plusieurs mois que je me réveille tous les matins en criant. Je regarde furtivement le tableau accroché au mur, représentant une petite plage de Sufokia. Et j’envie le couple de la peinture, enlacé sur cette plage du bout du monde, seul mais pas solitaire, insensible au temps qui passe. Et à la vie qui part.
Elle me quittera bientôt.
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On ne peut pas dire que je n’y suis pas préparé. Depuis la rencontre avec celui que devait être mon père, je connais la date de ma mort. Mais cette mort annoncée, au soir d’une si belle après-midi me remplit d’amertume.
C’était un après-midi de printemps, les rayons du soleil jouaient à travers les arbres de la résidence familiale, famille que j’avais décimé voilà quelques années.
Je m’étais vêtu de mes plus beaux vêtements, pour l’occasion. Je me devais en effet d’être très présentable pour la venue de mon Véritable Père, surtout qu'il y a peu, je croyais que ses os servaient de trophée au peuple de Pandala.
C’est drôle, je ne me souviens plus de ces vêtements. Je sais qu’ils étaient mes préférés, et que j’avais longuement réfléchi pour mettre ceux-là, et non pas cet horrible costume en poil de Prespic que j’avais volé à un vieil Enutrof. Je me rappelle très bien de cet habit poilu, mais plus moyen de me remémorer mon vêtement préféré.
J’espérais tellement de cette rencontre.
Le destin en a voulu autrement.
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Je me levais doucement. Encore une journée qui commence. Aucune perspective réjouissante n’est prévu aujourd’hui. Mais c’était déjà le cas hier. D’ailleurs, si j’assemble mes souvenirs, j’éprouve un certain mal à en retrouver d’agréables.
J’enfilais rapidement une vielle cape de scarafeuille. On pouvait remarquer qu’elle avait déjà bien vécu et qu’il était temps pour elle de finir la curieuse mais néanmoins passionnante vie de vêtement.
Mais je ne pouvais m’en séparer. Par habitude je pense.
Et il faut bien avouer qu’elle me donnait un look d’enfer.
Je me préparais un café au sang de bouftou. Je le ratais à chaque fois, mais comme j’étais toujours le seul à en profiter, c’était sans importance.
Je le sirotais tout en parcourant du regard l’étiquette.
J’en arrivais rapidement à cette constatation : il n’y a rien d’intéressant à lire sur une boîte de café.
Ce café était vraiment mauvais.
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« Tu n’es que le fruit d’une erreur d’appréciation, Leo … » s’exclama le puissant guerrier de Brakmar.
« Tu penses être le fils du terrible Lord Tête de Mort qui sema la destruction sur Bonta, mais tu n’es rien !! Je devrais te tuer dès maintenant, car tu n’as pas le droit de prétendre être ma progéniture »
L’être qui se tenait devant moi, pour qui j’avais brulé ma famille adoptive, n’éprouvait pas même l’once d’un sentiment paternel en ma présence.
Je versais une larme. Témoignage d’un autre temps, temps où je ne savais quand j’allais mourir. Un temps dont les souvenirs s’effacent de nos mémoires, oubliés tel de vieilles légendes dont plus personne ne croit. Et c’était le cas.
Oui, ce devait être le plus beau jour de ma vie.
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Quelqu’un frappa à la porte de mon miteux trou à rat.
Je savais qui c’était mais je ne voulais pas ouvrir. Pas encore. Il n’avait qu’à attendre quelques minutes. Je n’avais pas encore fini mon café.
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"Père" tentai-je en vain d'implorer. S'il pouvait seulement savoir combien je l'ai recherché, ce que j'ai enduré dans les landes de Sidimote pour arracher à quelques gardes imprudents son nom. S'il pouvait connaître le plaisir que j'ai à voir souffrir les honnêtes gens. Alors, il admettrait que je suis son fils.
Je ne pus répéter une seconde fois le mot père que déjà, j'étais à terre. Le puissant brakmarien me saisit par le coup, et je pus sentir son haleine fétide, bien que ce ne soit pas forcement le but premier d'une telle prise.
Pour tout mot, je n'eus qu'une terrible douleur au niveau du fois. Je sentais ma chair s'ouvrir et une lame froide la transperser.
"Je ne te tuerais pas... Pas aujourd'hui... Je veux que tu regrettes encore un peu de t'être cru mon fils... Vois-tu ces dagues ? Certes non, mais tu les sens. Elles sont, ce qu'on appelle, des Voleuses de vie. Je ne t'en prendrais suffisament pour que ta vie soit courte mais je t'en laisserais suffisament pour regretter de ne pas être déjà mort."
Je sentis la dague tournée en moi. La douleur physique n'était pas aussi forte que la peine que j'épprouvais.
"Voilà, c'est fini" Le puissant guerrier ecaflip se retourna et monta sur son dragondinde. "Profite bien de tes 100 derniers jours à vivre, Fils "
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J’avais fini mon déjeuner.
Il fallait donc partir guerroyer.
L’homme derrière ma porte frappa une nouvelle fois.
Je mis ma coiffe. Elle n’était pas en meilleur état que ma cape.
J’allais oublié mon épée.
Je la regardais . j"y vis mon reflet à travers sa lame. J’avais un air béat et un sourire idiot. La même tête que d’habitude en somme.